vendredi 18 juin 2010

Félinités

Les chats sont libres. On me l’a toujours dit. Ils sont attachants mais ne se lient pas. Et il serait dommage de les attacher. Ils ne sont pas des chiens. Et alors ? Ils aiment visiter les maisons inconnues, saluer les passants envers lesquels ils sentent quelque amitié, se fondre dans toutes les nuances du gris et courir sans un bruit dans les allées des jardins dont l’herbe est plus verte. Ils aiment les hauteurs où ils peuvent jouer les gargouilles, tout en regardant avec indifférence des vues à couper le souffle. Parce qu’elle donne des allures furtives à leur démarche flottante, la pluie les rend, paraît-il, mélancoliques. Ils savent chanter de longues complaintes nocturnes. Les chats ignorent nos soucis, ce qui ne les empêche pas de nous consoler le moment venu, et de chasser notre tristesse d’un coup de patte. Il y a dans leurs yeux la profondeur de l’attente et du temps arrêté. Roulés en boule, ils ont l’air dans la lune, rêvant à longueur d’année ou s’étirant tout en griffes et vibrisses, prêts à bondir pour un rien.


Photo: I.A. 11-05-09

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