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Articles

Affichage des articles du juin, 2011

Coups de foudre

Parce que je m’intéressais au Japon, il s’est mis à lire des romans japonais. Naturellement, il est tombé tout de suite sur certains titres très connus que je ne connaissais pas. C’est ainsi, dans cette ambiance de sérendipité, que j’ai entamé la lecture des Amants du Spoutnik, de Haruki Murakami. L’intrigue ? Un triangle amoureux tout en mélancolie et délicatesse. Le narrateur aime Sumire, sa meilleure amie, apprentie écrivain, qui aime Miu, une femme plus âgée qu’elle et brisée par un étrange accident. Ils vont se perdre et se retrouver au Japon, puis en Italie et en Grèce. Au-delà de ces rencontres, il y a la question, insondable et insoluble, de la solitude, tantôt présentée comme un état désirable, tantôt signifiant une impossibilité de communiquer une quelconque émotion (bien que les chats, toujours présents dans les romans de Murakami, puissent devenir d’excellents messagers).
La solitude est celle des habitants des grandes villes, étrangers parfois à leur propre famille, voyag…

Sens baroques

En regardant aujourd’hui l’exposition dédiée aux collections princières du Liechtenstein, la plus importante collection privée européenne issue du musée viennois de même nom, qui se tient au Palais Lumière d’Évian jusqu’au 2 octobre, je m’interroge sur le rôle des sens dans la peinture baroque. Une touche de couleur particulière me hante souvent, dans un tableau, mais elle me rappelle également un certain bruit, une certaine texture. Là, les curiosités chromatiques se multiplient, comme la nuance orange d’un papillon émergeant de l’obscurité, ou les différents tons noirs dans un portrait de Van Dyck, d’où surgit souvent un regard intense et très peu accordé à la simplicité de la tenue.
Mythologie, portrait, paysage, l’âge baroque sait mélanger les genres avec bonheur ;  dans une même scène se croisent animaux exotiques, étoffes chatoyantes, fruits hyperréalistes. La musique se joue en plein air et les ateliers de peintre sont des prétextes pour des mises en abyme. Le tout suggère des c…