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Articles

Affichage des articles du février, 2012

Des livres, toujours des livres devient livre

Aujourd'hui vient de paraître la version imprimée de ce blog. Elle n’est pas bien entendu complète, seuls 29 billets ont été inclus, mais ils m’ont semblé assez représentatifs de ce que ce blog est devenu. Personne ne sait ce que ce support électronique deviendra dans un, cinq ou dix ans. Alors, pourquoi pas une version papier ? Bonne lecture!




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Les presqu'aimées

La première impression que j’ai eu des personnages de Koike Mariko, aussi bien dans le roman Le Chat dans le cercueil que dans le recueil de nouvelles Je suis déjà venue ici, est celle du danger. Un danger insidieux et presque insaisissable collant aux relations amoureuses, et qui donne lieu à un suspense ténu mais continu. Un danger lié à des amours sombres et tièdes, à la rivalité ou la jalousie. Dans Le Chat dans le cercueil, la présence d’un animal domestique cristallise les rancœurs issues de rêves déçus. Un artiste peintre, qui élève seul sa fille Momoko, accueille dans sa maison une jeune élève, amoureuse de lui en secret. Le peintre a aussi une fiancée, Chinatsu, qui ne voit pas d’un bon œil l’attachement exclusif de Momoko pour le chat Lala. Tout ce monde met une telle volonté à être aimé et les dégâts causés par le monstre aux yeux verts sont tels  qu'on peut se demander dès le début si tout cela ne va pas mal finir. Dans les nouvelles, en revanche, il est souvent questi…

Mémoires obscures de Port-Royal des Champs

À propos de Le Désert de la grâce, de Claude Pujade-Renaud
Elles ont été nombreuses à échapper à des lignes de vie trop prévisiblestout au long du XVIIe siècle, à devenir invisibles en adoptant la vie des moniales de Port-Royal. Elles ont rejeté un milieu confortable, en réalité un milieu hostile, pour le monde exigeant de la clôture et de l’étude. Elles, ce sont des jeunes filles appartenant à la puissante famille Arnauld, comme les abbesses Angélique et Agnès, mais aussi Jacqueline, la sœur de Blaise Pascal, la fille de Jean Racine, ainsi que bien d’autres anonymes, qui tournent le dos à Versailles, aux possibilités d’ascension sociale, au mariage, et s’installent dans un « affreux désert » (selon Mme de Sévigné), à Port-Royal des Champs. Leur lieu de retraite sera aussi celui des Solitaires, des hommes qui ont également choisi une vie d’ascèse…  Pourtant, en se retirant du monde, ces moniales et ces Solitaires autrement connus comme jansénistes ont attiré haines et persécutions de l…

Acclimatation

Tout récit de voyage est une histoire, réussie ou pas, d’acclimatation. Cette expression est issue de climat et se répand aux XVIIIe et XIXe siècles, à l’époque où les premiers jardins d’acclimatation, destinés à la culture et à l’adaptation de plantes et animaux exotiques ont été créés. Le résultat de l’acclimatation, c’est l’acclimatement. Selon Littré : « L'acclimatement résulte d'une modification plus ou moins profonde produite dans le corps par un séjour prolongé en un climat qui diffère notablement de celui où l'on a vécu. Plus la différence des deux climats est grande, plus l'acclimatement est difficile ». Voyager ne signifie pas nécessairement s’acclimater ;  cela dépend du hasard des rencontres et de ceux de la route choisie, et les voyageurs du XIXe siècle emportaient souvent avec eux de lourds bagages culturels, artistiques ou mythologiques. Mais, parmi ces voyages, il y a aussi des acclimatations partielles, des portes entrouvertes sur une vision poétique a…

Labyrinthe sous la neige

La neige est souvent liée au silence. C’est une image, comme celle de la profondeur associée au sommeil, comme si l’on « tombait » en dormant. N’y a-t-il guère qui s’élèvent ? Et je brûle ainsi d’écrire sommeil enneigé, pour donner d’autres contours à mon image. Ce silence est introuvable lorsque les flocons couvrent le cœur des villes, lorsque crissements et tassements se mêlent aux bruits coutumiers. Le silence appelle la gravité, la mélancolie, tout ce que la ville tente de gommer, parfois sans succès. Le bruit fait partie de la ville, mais dans un jardin presque caché, tel le Giardino Giusti à Vérone, au pied des collines, la neige trace d’autres paysages possibles dans le labyrinthe de haies, des chemins encore plus éphémères que ceux des allées de buissons, une carte plaisante toujours renouvelée, dont allure silencieuse n’est qu’apparente. Elle contient l’histoire des jardins à l’italienne des années 1500, le modèle des  jardins florentins de Boboli, des souvenirs du Grand Tour…

Avec vue sur le lac II

Une année s'est écoulée, et j'aime revenir à cet endroit. Enchantement silencieux.