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Articles

Affichage des articles du avril, 2012

Centième!

Et de 100! Un centième billet qui sera, je l'espère, le premier d'une longue série. Merci à tous les lecteurs, brillants ou discrets, expansifs ou silencieux, qui font que cette aventure littéraire et langagière puisse continuer. Mais, pour une fois, le cliquetis du clavier s'est arrêté et je suis revenue à mes pinceaux.




Ajout du 15-05. Une des dernières images...





Légèreté du temps

À propos de Les lieux et la poussière, de Roberto Peregalli
Sous-titré Sur la beauté de l’imperfection, ce recueil d’impressions esthétiques sur l’architecture rappelle en douze chapitres l’importance d’un certain ordre spontané définissant la maison ou la ville qu’il conviendrait de ne pas troubler. L’auteur, lui-même architecte, puise notamment dans la littérature (Proust, Tanizaki, entre autres) et dans la Philosophie (Heidegger), ce qui caractérise la beauté d’un lieu. La poussière sur les murs  est ici le temps devenu perceptible, assimilable à une patine, signe de connaissance ajoutée, des strates d’histoire qui s’intègrent aux qualités architecturales. Autrefois, la conception de la ville laissait une bonne place à l’imparfait et à l’inattendu, parce que cette structure n’était pas planifiée d’avance, elle apparaissait spontanément et se développait par rapport à l’utilisation qu’on faisait de l’espace. Ainsi, éclairage, ornement et construction sont étroitement liés pour favori…

L'ombre et le reflet

À propos de La double vie de Vermeer, de Luigi Guarnieri
La vengeance doit-elle être nécessairement destructrice pour celui qui l’accomplit ? Ne rêve-t-on davantage d’une revanche dépourvue d’éclats publics, secrète mais efficace, et qui épargnerait le vengeur ? Et qu’adviendrait-il de quelqu’un dont le projet vengeance entraînerait une réussite personnelle inattendue ?  Ces questions et bien d’autres affleurent à la lecture de La double vie de Vermeer, de Luigi Guarnieri. Le roman, fiction construite autour d’un fait divers, assez connu par ailleurs, datant de la fin de la Seconde guerre mondiale –l’histoire d’un peintre hollandais qui avait dû démontrer sa qualité de faussaire en peignant un faux Vermeer en prison, alors qu’on l’accusait d’avoir vendu d’authentiques Vermeer aux nazis-, nous offre plusieurs portraits révélateurs où l’amour de l’art peut entraîner des comportements étranges, des recherches passionnées ou des pillages abjects. Au départ, VM est un artiste talentueux, ma…

Triangles

À propos de Le Mouvement pendulaire, d’Alberto Mussa
L’idée d’un nombre limité de thèmes dans la littérature de fiction, de quelques structures de base pouvant subir d’innombrables variations et combinaisons pour former des récits, apparaît au moins en une occasion chez Borges, qui définit quatre histoires possibles « Les histoires sont quatre. L’une, la plus ancienne, est celle d’une forte cité qu’encerclent et défendent des hommes braves […] Une autre histoire, qui est liée à la première, est celle d’un retour […] La troisième histoire est celle d’une recherche […] La dernière histoire est celle du sacrifice d’un dieu. » [1] La bibliothèque infinie serait ainsi composée de variantes de ces thèmes. Cette idée est mise en scène et développée dans Le Mouvement pendulaire d’Alberto Mussa, ouvrage inclassable qui affiche « roman » comme sous-titre, mais qui se compose d’une série de récits voués à définir un thème romanesque majeur : les triangles amoureux.
Issus de différentes mythologies…

Terrains vagues

À propos de : Orages ordinaires, de William Boyd
Au départ, une scène de crime, une victime qui en savait probablement trop et un parfait suspect bien entendu innocent qui prend la fuite parce qu’il se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment. À l’arrivée, un mode d’emploi des villes tentaculaires, où la question de la place de chacun, de ce que chacun fait pour conquérir ou pour garder son espace vital est abordée avec beaucoup d’ironie et de finesse. Dans ce roman de William Boyd, tout commence avec un personnage faussement candide, un climatologue anglais ayant fait carrière aux États-Unis, qui revient à Londres pour un entretien d’embauche. Adam Kindred possède tout, mais une rencontre apparemment anodine va lui faire tout perdre, lorsqu’il devient accidentellement témoin du meurtre de l’homme dont il venait de faire connaissance. S’ensuit une fuite qui l’emmènera dans les marges de la société -mais on apprendra plus tard que ce n’est pas la première fois qu’Adam Kindred ch…