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Articles

Affichage des articles du février, 2015

L'Homme sans empreintes

à propos de  L'Homme sans empreintes, d'Eric Faye

   Un écrivain énigmatique qui empruntait de multiples identités, sa veuve et sa dernière amante. Des biographes obsédés par leur difficulté à définir le portrait précis de celui qui a tout fait pour brouiller les traces de son passé. Entre ces personnages se tisse un réseau de demi-vérités, un jeu de masques, où chacun s'invente des fragments de vie ou s'approprie celle d'un autre. Dans un pays imaginaire appelé le Costaguana, situé en Amérique centrale, le romancier B. Osborn vient de mourir. Il était connu par son goût du secret, ce qui semble un exercice compliqué ayant atteint un certain niveau de célébrité. Peut-on se faire oublier lorsqu'on publie des romans à succès, adaptés au cinéma ? L'expression populaire « rançon de la gloire » prend ici tout son sens. B. Osborn paie un prix très élevé pour conserver l'anonymat désiré. Il est en permanence aux aguets, redoutant aussi bien les journalistes q…

Nous l'appelions Em

À propos de Nous l'appelions Em, de Jerry Pinto
   Les fragments d'une vie de famille inhabituelle, parce qu'éprouvée par un trouble difficile à comprendre, la bipolarité, sont ici rassemblés dans un récit qui prend de multiples directions. Il y est question de maladie psychique, de traumatismes liés à la pauvreté et l'exil, de conservatisme social qui laisse peu de place aux aspirations personnelles, d'amour et de maternité. Au centre de cette histoire, le personnage d'Imelda, surnommée Em par ses enfants. Em habite un quartier modeste et tranquille de Bombay, avec son mari Augustin, dit Monsieur Hmm, et ses deux enfants, le narrateur et Susan, qui commencent leurs études universitaires. Augustin gagne bien sa vie, aime sa femme, mais celle-ci est atteinte d'un mal étrange, qui la fait osciller entre la lucidité et le délire. Em est tour à tour qualifiée de bipolaire, ou de maniaco-dépressive, mais elle-même se définit comme « folle ». Cependant, rien n'…

San Michele

à propos de San Michele, de Thierry Clermont

Les étrangers à Venise n'ont qu'une envie, qui n'a rien de secrète : être des Vénitiens, faire partie de la ville, s'inscrire dans son histoire et se fondre dans ses paysages. Parfois, la vie à Venise ne suffit pas à ces amoureux exigeants, assoiffés de poésie, d'images et de notes. Ils ne se résignent pas à être des touristes indifférents, des voyageurs érudits ou des hôtes de marque. Pour ces conquérants discrets, qui peuvent être aussi bien des artistes célèbres que des personnages légendaires, il y a San Michele, l'île cimetière de la lagune, seule demeure leur permettant de rester définitivement à Venise. Une île des morts où les monuments funéraires évoquent un monde d'hier, toujours décadent et toujours presque miraculeusement maintenu à flot, fait de luxueuses chambres d'hôtel, de promenades nocturnes en gondole et de suicides romantiques, où se croisent le souvenir d'artistes et écrivais, comme E…