Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du juillet, 2010

La direction du regard

La rétrospective que la Fondation de l’Hermitage consacre à Edward Hopper (1882-1967) regroupe quelques-unes des œuvres parmi les plus significatives du peintre réaliste américain, allant des tableaux inspirés par ses voyages en Europe aux aquarelles où l’on voit des chalutiers ou des ponts, en passant par des gravures et des dessins ayant précédé les compositions subtiles et complexes de paysages citadins et campagnards qui ont longtemps façonné l’imaginaire de nombreux cinéastes.
Les critiques ont souvent mis l’accent sur les personnages solitaires des tableaux d’Edward Hopper, sur leur regard mélancolique, perdu dans une lumière matinale ou crépusculaire. Le mystère de ces chambres austères, de ces moments d’attente figée, éveille de nombreuses suggestions, mais résiste en réalité à toute interprétation, et cela fait précisément son charme. Le caractère énigmatique de ces personnages est révélé par leur condition de quasi-intrus dans une atmosphère où le jeu des lumières, le dialog…

Belles loutres

Deux jolies loutres font la sieste... Une loutre se réveille
Debout les loutres...
Quelques jeux aquatiques
Un air mélancolique...
Et des mains agiles.

Sortir du cadre

Il est un motif, abondamment employé dans la littérature fantastique, qui permet de construire une histoire dans l’histoire, ou le déploiement de mondes parallèles. Le personnage sortant du tableau, échappé au roman, prenant des libertés ou se révoltant contre son auteur est un avatar d’un trope ancien, qui apparaît déjà dans Don Quichotte, où les transgressions du seuil de la représentation sont assez courantes. L’impossibilité logique de ces transgressions, appelées métalepses narratives [1], produit des situations paradoxales où l’on retrouve souvent, comme fil conducteur rétablissant la différence entre les niveaux narratifs, le rêve ou une autre forme de représentation, comme le théâtre, le cinéma, l’écriture…(L’Illusion comique). La métalepse narrative entraîne une réflexion sur les frontières du récit : frontières spatiales et temporelles, d’abord, qui sont redéfinies en fonction des intrusions du narrateur ou de la perméabilité entre les différents niveaux ; frontières logique…

Cartographies du labyrinthe

Le titre Borges blogueur, dans le blog de l’Acratopège ne devrait passer inaperçu pour tous les lecteurs passionnés de l’œuvre de Jorge Luis Borges. Il était notamment question de trouver un texte pour quelqu’un qui est en train de monter un spectacle. L’extrait finalement choisi [1] possède, comme bien d’idées borgésiennes, un caractère universel lui donnant aussi bien des allures prédictives que des résonances immémoriales. Borges aurait ainsi anticipé les moyens de communication électroniques dans une réflexion constante à propos du rôle du lecteur dans l’œuvre littéraire. En changeant la forme du livre, le regard porté sur le texte changerait aussi, et la littérature compterait désormais au rang des arts éphémères, où il serait difficile de retrouver un fil conducteur devant l’avalanche de textes, gloses, reprises, commentaires et plagiats dispersés dans un no man’s land spatiotemporel. Sans hiérarchies et sans guides, les blogs seraient ainsi plus proches du Livre de sable que de…

Deux collages

Lorsque j'ai réalisé ces deux collages, je ne pensais probablement pas à la notion d'ordre, mais certainement à celle d'équilibre. Depuis, quelqu'un m'a fait remarquer que les couleurs se répétaient à différents endroits de chaque tableau.