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Articles

Affichage des articles du avril, 2014

l’École de la triche

À propos de l’École de la triche, de Marie-Estelle Pech
De la classique antisèche glissée discrètement dans la gomme ou le stylo à la triche sophistiquée basée sur des smartphones et autres gadgets électroniques ; de la fraude grossière, où un candidat à un examen prend la place d’un autre, aux plagiats les plus subtils ; des pots-de-vin aux diplômes en vente sur internet, c’est tout l’univers immoral et fascinant de l’imposture dans le monde du savoir qui est exposé dans cet ouvrage. Si, paradoxalement, les méthodes deviennent avec le temps de plus en plus simples, grâce aux technologies modernes, l’auteur s’intéresse avant tout à la raison d’être de ces pratiques dans le cadre des études secondaires et supérieurs. Des motivations qui mettent en lumière leur incroyable ampleur, dont les principes ne se limitent pas au milieu de l’éducation, mais envahissent toute la société.
On apprend, d’abord, qu’il s’agit de procédés anciens. La substitution d’identité, par exemple, était beaucoup p…

Jack Rosenblum rêve en anglais

À propos de Jack Rosenblum rêve en anglais, de Natasha Solomons
Je ne sais pas qui choisit les titres destinés aux traductions littéraires. Intriguée par celui-ci, car il me paraît convenir très bien au roman dont le titre anglais est Mr. Rosenblum’s List, je découvre une fable sur l’intégration choisie dans une autre culture, sujet des plus ennuyeux  prenant ici un caractère drôle et aventureux. Jack Rosenblum, dont le nom deviendra de manière facétieuse Rose-in-Bloom, ou plus simplement Rose, est un Juif qui réussit à fuir l’Allemagne, avec sa femme Sadie et sa fille, dans les années 1930. Sa découverte de l’Angleterre, où il reçoit une brochure destinée aux nouveaux arrivants, pleine de conseils pour se fondre dans le paysage britannique (la liste des coutumes et traits typiques du pays, qu’il enrichit par ses propres observations) est le début d’une passion obsessionnelle. Jack Rosenblum veut devenir un Anglais véritable ; et il y parvient dans un premier temps : apprendre la langu…

Pietra viva

À propos de Pietra Viva, de Léonor de Récondo
« Je vois tout ce qui se cache à l’intérieur des pierres »
Les pierres, ce sont les grands blocs de marbre que Michelangelo Buonarroti va chercher dans la région de Carrare. Au printemps 1505, il  s’y installe pendant plusieurs mois, le temps de choisir les plus beaux d’entre eux, qui deviendront les sculptures du tombeau de Jules II, pape et mécène. Dans les éléments naturels se cachent ainsi des œuvres d’art et ce voyage est l’occasion, pour le sculpteur à l’apogée de sa notoriété, après le David ou la Pietà, d’interroger la matière première, vivante et minérale, indocile et doté d’un charme éphémère –ou difficile à faire sortir-. Une matière dont l’observation est toujours passionnante.
La recherche des marbres peut être aussi lue, dans l’approche du mythe de Michel-Ange, comme la fuite en avant d’un artiste introverti confronté à la mort énigmatique d’un ami, le moine Andrea, qui représentait pour lui la beauté idéale. Comme pour la pierr…