vendredi 16 décembre 2016

Cinco esquinas

sobre Cinco esquinas, de Mario Vargas Llosa

   A mediados de los años noventa, en Lima, dos mujeres se pasan la tarde hablando. Cuando se dan cuenta de que se les ha pasado la hora del toque de queda, la anfitriona, Marisa, propone a su amiga Chabela dormir en su lujosa residencia. La situación, en principio sin ambigüedad, se vuelve rápidamente erótica, y las dos amigas se convierten en amantes. Este episodio sentimental y sexual aparece y se eclipsa con frecuencia dentro de la trama múltiple de Cinco esquinas, representando tal vez un contrapunto placentero en un contexto de inseguridad y violencia generales, el de la sociedad peruana de los años de la dictadura de Fujimori y Montesinos, época marcada también por el terrorismo de extrema izquierda de grupos como Sendero luminoso o MRTA, así como por el marcótráfico. Los distintos personajes de la trama se ven afectados de una manera u otra por los usos del régimen autoritario, y por la acción de grupos terroristas. Tanto el miedo a las bombas y a los secuestros, como los apagones y el toque de queda, forman parte de la tela de fondo de la novela, pero uno de los aspectos principales de la dictadura que se retratan aquí es la injerencia constante del poder en todos los aspectos de la vida: en la economía y la justicia, que funcionan de manera arbitraria. La arbitrariedad y el despotismo se establecen paulatinamente, a través del temor a los que gobiernan o a sus enemigos, en una guerra sin nombre que llega a formar parte de la vida cotidiana. La pérdida de la libertad individual es la consecuencia más llamativa del autoritarismo y de la corrupción masiva, consecuencia llamativa que parece ser sin embargo acceptada resignadamente. Sin embargo, la acceptación silenciosa del fin de la libertad se consigue más certeramente manipulando al público mediante la versión degenerada del periodismo que es el amarillismo, esa prensa que solo se ocupa de escándalos e historias escabrosas, verdaderas o inventadas, y que juega aquí un papel protagonista.

   La prensa amarilla, con su aparente inocuidad y su aparente lejanía de los temas serios, se vuelve un instrumento de presión y una manera cómoda de hundir las carreras de rivales políticos o de llevar a cabo arreglos de cuentas personales con artistas u otra gente conocida. En Cinco esquinas, dos personajes, Rolando Garro y Julieta la Retaquita, representan este periodismo que se mueve entre la frivolidad y la criminalidad, puesto que los reporteros no dudan en utilizar cualquier medio, legal o ilegal, para llegar a sus fines. Pero quién está detrás o al menos quién protege a estos medios de comunicación ? Así, Rolando Garro decide proponer a Quique, un próspero empresario, un negocio que esconde un vulgar chantaje, la revelación de un escándalo sexual a partir de fotos robadas. Cuando Quique se niega a acceptar el chantaje, desencadena así una serie de consecuencias insesperadas que no dejan indemne a ninguno de los personajes. El mundo de la televisión y de los periódicos puede convertirse así en un tentáculo del poder, pero también en una fuerza que nadie puede controlar. La novela oscila constantemente entre la comedia ligera, el thriller y un realismo coral en la manera de dar a ver ciertas realidades sociales por medio de personajes secundarios, todo ello con una gran distancia por parte del narrador, que presenta las situaciones de forma bastante esquemática y dando un papel importante a los diálogos.



Cinco esquinas, de Mario Vargas Llosa, Alfaguara, 2016


mercredi 7 décembre 2016

Comment dire l'instant en peinture. De William Blake à Antoine Watteau

À propos de Comment dire l'instant en peinture. De William Blake à Antoine Watteau, de Dominique Vergnon

Le titre de cet essai fait allusion à une phrase de Diderot : « Le peintre n'a qu'un instant presque indivisible ; c'est à cet instant que tous les mouvements de sa composition doivent se rapporter. ». L'instant désignerait un stade ultime de perfection de l’œuvre picturale, où plus aucune intervention ou modification de la part de l'artiste ne serait nécessaire. Une notion temporelle pour expliquer une réalité apparemment contradictoire : la fixation sur la toile de l'éphémère d'une lumière, d'un mouvement ou d'une émotion, à l'intérieur d'une scène qui contient par ailleurs d'autres points d'intérêt, d'autres histoires possibles ; la recherche d'un présent absolu, d'une synthèse, le délaissement du superflu... Si l'aboutissement de ce processus créatif est perceptible par le spectateur et fait partie de l'expérience esthétique de tout amateur de peinture, il est en revanche difficile de transcrire ce moment à l'aide du langage verbal sans l'aide de digression métaphoriques ou conceptuelles. La démarche est pourtant réussie dans cet album, où les peintres sont présentés par ordre alphabétique. Il s'agit de faire émerger, avec érudition et délicatesse, la singularité de chaque artiste, à travers des échos de sa vie et de la façon dont ses œuvres ont été reçues en son temps, à travers des détails chromatiques, des ombres et des expressions des procédés de style et de composition -usage de la perspective, place et rôle des personnages-, à travers également son opacité et son mystère. À l'image de celle de Giorgione « l'Insaisissable », les vies de peintres semblent se dérouler dans un doux clair-obscur qui les fait ressembler à des légendes sans âge. L'essentiel est ailleurs. Chaque style est unique, ancré dans un mode cohérent, qui s'affranchit de la biographie et des conventions esthétiques d'un temps déterminé, et traverse ainsi les époques. Les classiques ne vieillissent pas. Le choix éclectique, d'artistes autant que de tableaux, montre que le monde de l'art n'est jamais un jardin clos, mais que le caractère original d'une œuvre peut venir aussi bien de l'interprétation d'une tradition que d'une volonté de rupture. On trouvera ici des anciens et des modernes, de Paolo Uccello à Piet Mondrian, en passant par Hokusai, Seurat ou Holbein. La singularité de William Blake tient à son mysticisme, à la perméabilité entre peinture et poésie, à ses sources à la fois bibliques et shakespeariennes ; celle de Chardin à son choix unique des scènes d'intérieur, à ses portraits de femmes au travail ; celle de Chagall à sa culture juive et hassidique, à son amour de la vie et de la peinture... Dans les Noces de Cana de Véronèse, les points de fuite sont multiples, les personnages nombreux, les couleurs brillantes, le chatoiement des soieries, des perles, de l'or attirent le regard, une infinité de mouvements qui se déploient autour du point central et de la figure du Christ, formant une mise en scène complexe qui laisse cependant une impression de légèreté évidente. Les effets les mieux étudiés sont ceux qui paraissent issus d'élans spontanés.


Comment dire l'instant en peinture. De William Blake à Antoine Watteau, de Dominique Vergnon. Éd. Michel de Maule, 2014

Paolo Veronese, Les Noces de Cana.

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Paul Delvaux, maître du rêve

Paul Delvaux, maître du rêve . Évian, Palais Lumière. Du samedi 01 juillet au dimanche 01 octobre 2017 Le maître du rêve, tel est ...