lundi 5 mars 2012

Dépaysement

Je viens de visiter l'exposition dédiée aux Américains à Florence, qui se tient actuellement au Palais Strozzi*. À côté d'oeuvres très connues, comme le portrait de Henry James par John Singer Sargent, on peut y retrouver un vaste aperçu des tendances artistiques de la fin du XIXe siècle dans le regard de peintres venus de États-Unis comme Mary Cassatt, William Merritt Chase, Ernestine Fabbri ou Lilla Cabot Perry, parmi d'autres. L'exposition met en évidence la densité des liens que ces artistes entretenaient avec l'Europe, et notamment avec l'Italie. La figure du voyageur cosmopolite, typique des romans d'Edith Wharton et Henry James se déploie ici, enrichie de toutes le nuances apportées par le dépaysement. Leur Florence, et leur campagne toscane a effectivement été une chambre avec vue sur l'art du passé, ancien et récent, où se croisent les échos de la Renaissance et les clartés impressionnistes, mais aussi les contrastes entre l'ancien et le nouveau monde. Les peintres américains développaient ainsi un style qui leur était propre,  perméable aux traditions et curieux des nouveautés.

 Si l'idée du Grand Tour n'avait pas totalement disparu à cette époque,  les voyages étaient en revanche devenus moins aventureux et l'attrait du pittoresque avait en conséquence diminué, remplacé peu à peu par un certain goût du réalisme, visible surtout dans les portraits, qui laisse apparaître un art de vivre où l'on se sentait chez soi partout, tout en y restant étranger. Il était alors possible de faire partie d'un cercle mondain ininterrompu qu'avait Londres et Paris, ainsi que Florence, Venise et Rome, comme points de chute. Ces aspects sont ici illustrés aussi bien par la peinture que par la photographie. Il est question de perspectives urbaines, de scènes en bord de mer, de jardins lumineux, de moments de loisir, vécus par des personnages dotés d'un regard aussi intense qu'énigmatique. Les artistes et leur modèles semblent évoluer sur le mode stendhalien du voyageur éclairé, qui assimile et interprète différentes traditions culturelles avec néanmoins une certaine distanciation.      

*Americans in Florence. Sargent and the Americans Impressionnists
jusqu'au 27 juillet 2012
http://www.palazzostrozzi.org

Lilla Cabot perry, The Green Hat, 1913

Frank Duveneck, The Bridge-Florence

Images: Commons Wikimedia

14 commentaires:

  1. Si on ne s'en tien qu'au choix de vos deux photos, la visite de cette exposition ne peut qu'être enchanteresse. Mais ce que vous en dites le confirme.
    "un art de vivre où l'on se sentait chez soi partout, tout en y restant étranger". Quelle jolie phrase! Existe-t-il plus belle manière d'être heureux? J'aime cette idée de bien-être tout en prenant de la distance.
    Votre billet me donnerait envie d'en prendre un sur le champ pour l'Italie:))

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  2. Vous savez déjà, Ladies, que ce n'est pas exactement ma conception de l'expatriation: même si c'est charmant de goûter au high noon tea, en Thaïlande, sur fond de quatuor à cordes live, cela ressemble plus à une forme de colonisation qu'à une immersion à la Nizon.

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  3. @ P-A. : votre "conception de l'expatriation" est en effet bien plus radicale, mais il n'est pas donné à tout le monde de "franchir l'horizon" et "dérégler les horloges"(=_=)!
    Très beau ce blason!

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  4. Si, si, si... en chacun de nous sommeille un lapin, plus ou moins déjanté selon l'altitude de l'horizon et la précision des horloges; à vous de le trouver.

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  5. Au fait, l'horloge de ce blog est toujours sur le fuseau horaire "Pacific" des USA. C'est une invitation au voyage sous forme d'énigme Inmalayenne ?

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  6. Non, pas à une forme de colonisation lorsqu'on reste dans la légèreté et la sincérité. Lorsqu'on accepte de rester soi-même en allant ailleurs. Malheureusement, et malgré les caprices de l'horloge, je n'irai plus à Florence avant le 01 août. On ne peut pas voyager tout le temps :-)

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  7. Voyager tout le temps, c'est vivre pleinement dans le continuum espace-temps.

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  8. MDR! je viens de dire OK poour devenir membre et Google m'a ressorti un vieux compte gmail dont je ne me sers plus : Margaux du Kelen (0_0)
    Avec tous mes pseudos on poourrait faire un sketch:)))

    Je vais de ce pas vérifier que Margaux peut commenter dans "les mots rares"...

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  9. Désolée Inma pour mes derniers commentaires auxquels vous ne devez rien comprendre et moi non plus d'ailleurs car Margaux du Kelen a disparu des "membres de votre blog" alors qu'il y était tout à l'heure après mon inscription!
    Bon c'est très compliqué tout ça (pour moi, assez demeurée en ce qui concerne l'informatique). Je ne touche plus à rien...

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  10. Pas de problème ;-) Non, ce genre de choses arrive assez fréquemment à tout le monde. C'est comme l'apparence des pages et autres fonctions du blog. Impossible d'introduire des petits programmes de mon cru. Tout ce qu'on peut faire, c'est adapter les modèles déjà en place sur blogger, mais je ne perds pas espoir. En revanche, pour l'horloge, je vais m'en occuper dès que je serai de retour dans ma dimension spatio-temporelle valaisanne :-))))

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  11. Ambre: il y un korrigan dans votre ordinateur et ça, Google n'y peut rien, il faut un exorciste.

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  12. Mais je vous assure néanmoins n'avoir rien inventé. Margaux du Kelen est bien apparue au-dessus de 4 membres du blog quand je me suis inscrite. Je ne comprenais pas d'ailleurs pourquoi elle était au-dessus de 4 membres et pas avec eux (0_0)
    Bon, inutile de chercher Margaux sur Google, vous n'y trouverez que du bon vin:))
    Un korrigan? Mmm! La sale bête...

    Et Inma va rentrer bientôt... en soucoupe volante avec... E.T. ... qui va adorer Blanchon!

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  13. Bernadette Soubirous a aussi connu l'incrédulité de ses contemporains.

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  14. Je ne vous remercie pas pour la comparaison (0_0)! Je ne suis ni une Sainte ni simplette:)) (ce qu'elle était selon Emile Zola) et les seules apparitions qui agrémentent ma vie sont dans mes rêves ou mes cauchemars, c'est selon (*_*).
    D'ailleurs je vous préviens, je suis dans un de vos cartons de déménagement; envie de "Dépaysement" (=_=).

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